
Aliette da Broca journaliste au figaro, fait un point sur les voies de commercialisation alternativent. www.lepanierpaysan.com est sité.
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Jeudi 30 juin 2005
"Les agriculteurs rêvent de créer leurs enseignes"
Marseille : Aliette de Broqua
Face aux hypermarchés qui s'appuient sur les importations en provenance de pays à plus faibles coûts de main-d'oeuvre pour faire baisser les prix d'achat de leurs produits, des agriculteurs français préparent une riposte : une chaîne de magasins de producteurs. Un groupe de réflexion travaille depuis six mois sur ce sujet sous l'égide de la FNSEA. «Le problème actuel est que la marge est mal partagée, trop pour la distribution et pas assez pour le producteur.
Nous voulons une meilleure répartition des marges. Les images des agriculteurs et de nos produits sont intactes, nous savons gérer, pourquoi tout cela ne nous appartiendrait-il pas ?», explique l'exploitant provençal qui anime le groupe de travail de la FNSEA et souhaite conserver l'anonymat. Car, pour l'heure, il joue la prudence et ne veut rien dévoiler de ce nouveau concept.
«Nous avons encore besoin de temps pour affiner notre projet. Il y a eu des tas d'expériences mais toutes restent embryonnaires. Rien dans ce domaine ne fonctionne ou n'a fonctionné de manière économique et à grande échelle», souligne le producteur.
Le projet concocté dans le secret veut associer un grand nombre d'agriculteurs à l'échelon national qui approvisionneront cette chaîne de magasins et investiront dans son capital de démarrage. Une fois ce capital réuni, des fonds d'investissement seront sollicités pour qu'ils apportent autant, le fonds de roulement étant ensuite assuré sur crédits bancaires. La chaîne proposerait tous les produits de terroir, des fruits et légumes, aux vins ou à l'huile d'olive, en passant par la viande ou les fromages.
«Nous devons imaginer des solutions pour continuer à exister dans dix ans. Il est logique que nous essayons de nous rapprocher de nos clients finaux», justifie l'animateur du groupe de réflexion. Il considère qu'un tel projet est dans l'intérêt de tous, des agriculteurs et de leurs salariés, mais également des consommateurs.
«Nous voulons des parts de marché captives et non indéfiniment remises en cause dans des rapports de forces où les tricheries sont fréquentes», conclut-il. L'idée d'établir des circuits plus courts entre producteurs et clients se développent. Dans un contexte de crises à répétition entre le monde agricole et la grande distribution, et au moment où la politique agricole européenne est remise en question, ces circuits parallèles prennent tout leur sens, même s'ils restent marginaux.
Par exemple, les Associations pour le maintien de l'agriculture paysanne (Amap), dont le concept a été ramené en 2001 des Etats-Unis par Denise et Daniel Vuillon, agriculteurs à Ollioules (Var). Ils ont créé trois Amap qu'ils alimentent en produits de leur ferme et auxquelles adhèrent 215 familles. Il y a 150 Amap maintenant en France dont 75 associent 3 500 familles en Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le système d'inspiration altermondialiste se situe en dehors de l'économie de marché. Autre exemple : celui du Marseillais Alexis Fioruccie qui a créé il y a quatre ans le site Internet panierpaysan.com et fédère une soixantaine de paysans.
Un autre site, paysans.fr, créé en 2000 puis après un échec à nouveau en 2003, est implanté dans le Sud-Ouest et en Ile-de-France.Seul natoora.fr dessert l'ensemble de la France avec 115 producteurs affiliés offrant 1 485 produits frais et de terroir. Il y a manifestement place pour une chaîne structurée de magasins de producteurs.
Marseille : Aliette de Broqua
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Agriculture et services connexes; Cuisine et restaurants
Taille : Moyen, 406 mots
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Doc. : news·20050630·LF·20050630×2FIG0267
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